mardi 21 mars 2017

Je suis un des leurs - David RUIZ MARTIN

Titre : Je suis un des leurs
Auteur : David Ruiz Martin
Édition : Autoédité
Date de parution : 2016
Nombre de pages : 408
Genre : Historique, amour, aventure
Décor : Neuchâtel (CH), Madrid (ES)
Lu en : Mars 2017

8/10

Quatrième de couverture : Lorsque Raúl Pontes apprend l’existence d’un grand-père passé pour mort depuis trente ans, son sang ne fait qu’un tour.

Persuadé que ce coup est l’œuvre de son irresponsable mère, un seul choix s’offre alors : celui de pousser la porte de ce passé.

Horacio, ce grand-père au comportement amer lui demande alors une faveur étrange : retrouver son amour perdu il y a plus de soixante-dix ans.

Ses indices le mèneront jusque dans les rues bondées de la capitale espagnole, en plein cœur du Madrid historique et de sa ferveur perpétuelle...

...mais le pousseront, aussi, bien plus loin, aux limites de l’insoutenable, où se mêlent les œuvres d’amour et de mort d’une guerre civile injuste et fratricide.

« Ce qui ne m'a pas tué a rendu ma vie plus belle. » (p.68)


Mon avis : Je tiens déjà à commencer cette chronique en remerciant chaleureusement David Ruiz Martin, qui m’a très gentiment fait parvenir son livre. Adorable !

Il m’a décrit son ouvrage en quelques mots, qui ont tout de suite intéressée. Raúl Pontes, le personnage principal, décide d’aider Horacio, son grand-père, dans une tâche très particulière. Pour ce faire, il va se rendre en Espagne, son pays d’origine, et se plonger dans une période très dure pour tous les Espagnols : la guerre civile et la dictature de Franco. Peu à peu, Raúl va renouer avec ses racines et une véritable renaissance s’opère devant nos yeux.

Le roman se découpe en deux époques, nous avons d’un côté le présent, avec les recherches de Raúl sur terre espagnole, et le passé, grâce aux mémoires d’un journal de bord tenu pendant la guerre civile par Horacio. J’ai beaucoup apprécié cette double entrée en matière pour découvrir l’Espagne et ses blessures encore à vif. Les informations s’entrecroisent très naturellement et ces écrits servent également un autre but : remonter le temps pour que Raúl reconstruise son histoire personnelle. L’histoire se déroule sans heurts et l’on va suivre les premiers pas de Raúl en Espagne. J’ai vraiment eu l’impression de vibrer au rythme de Madrid, mais aussi de s’attrister devant les cicatrices encore béantes de la guerre civile, qui semblent se refermer un peu grâce au lancement de la loi sur la mémoire historique.

Je suis un des leurs est un roman fort, qui parle d’un événement trop souvent éclipsé, notamment par la Seconde Guerre mondiale, mais qui pourtant a des répercussions qui durent encore à l’heure actuelle. Les personnages sont réalistes et attachants, même si certains sont un peu bourrus.

Horreurs de la guerre, amours naissantes, recherche de ses disparus, volonté de renouer avec ses racines, ce livre est très complet et j’en ai beaucoup apprécié la lecture. Un seul petit bémol, il y a un certain nombre de fautes d’orthographe ou de coquilles. Elles ne nuisent, certes, pas trop, mais cet élément reste dommage.

Je remercie encore une fois David Ruiz Martin pour sa confiance et pour s’être dévoilé dans son roman, dans lequel on sent une certaine patte autobiographique, qui rend le tout tangible et agréable.

Je conseille ce livre à tous ceux qui s’intéresse à l’Espagne et à son histoire, mais également à ceux qui cherchent à s’en imprégner, dans un cadre très agréable, qui n’est ni scolaire, ni prise de tête. Une belle découverte.

Un bon livre très complet, intéressant, personnel et touchant.

mercredi 15 mars 2017

Le Duel - Arnaldur INDRIDASON

Titre : Le Duel (Erlendur#12)
Titre original : Einvígið
Auteur : Arnaldur Indridason
Édition : Points
Nombre de tomes : 14 pour le moment
Date de parution : 2011 VO, 2014 VF
Nombre de pages : 408
Genre : Policier
Décor : Reykjavik (Islande)
Lu en : Février 2017

8/10

Quatrième de couverture : Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique. Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.

Mon avis : Jusqu’à maintenant, je n’ai lu que Les Nuits de Reykjavik qui m’avait laissée très froide et que j’avais trouvé très mou du genou.

J’ai retenté l’expérience avec Le Duel en me disant que j’étais peut-être mal tombée avec l’autre, qui était aussi une préquelle. Raté sur un seul point, il s’agit également d’une préquelle, mais qui m’a nettement plus plu.

Déjà, on se retrouve dans un environnement que l’on peut qualifier d’historique, puisqu’il s’agit du championnat du monde d’échecs qui s’est tenu en Islande en 1972 et durant lequel un Américain et un Russe vont s’affronter, dans une ambiance assez tendue (guerre froide). J’ai trouvé ce choix de décor très sympathique et j’ai trouvé que c’était une bonne idée d’intégrer une enquête dans une ambiance réelle.

Le roman s’ouvre sur un meurtre dont personne ne connaît la raison, puisqu’il s’agit a priori d’un jeune homme sans problème et sans ennemi. Ensuite, ce qui selon moi est le point fort du livre, c’est que tout découle de ce fait divers qui se déroule sur quelques pages. L’enquête avance pas à pas, mais on voit vraiment qu’elle prend de l’ampleur et se lit progressivement au championnat d’échecs, pour lequel des milliers d’étrangers ont pris la ville d’assaut, représentant autant de suspects potentiels.

Pour faire court, j’ai trouvé ce livre très bon et nettement moins mou que Les Nuits de Reykjavik. Une belle surprise en somme, même si j’ai été étonnée de me retrouver une fois encore avec une préquelle entre les mains… Du coup, je vais retenter l’expérience, car j’ai passé un bon moment avec Le Duel.

Très bon et nettement moins mou que Les Nuits de Reykjavik !

lundi 13 mars 2017

Code 93 (Coste#1 & 2) - Olivier NOREK

Titre : Code 93 (Coste#1)
Auteur : Olivier Norek
Édition : Pocket
Nombre de tomes : 3 mettant en scène Victor Coste (pour l'instant)
Date de parution : 2013
Nombre de pages : 358
Genre : Policier, thriller
Décor : Seine-Saint-Denis (93-FR)
Lu en : Août 2016

9/10

Quatrième de couverture : Victor Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits. Une série de découvertes étranges - un cadavre qui refuse de mourir, un toxico victime d'auto combustion - l'incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses...


Mon avis : Code 93 nous ouvre les portes de la Seine-Saint-Denis (93) et ses cités, ses problèmes, sa criminalité… Une vision des choses qui peut s’avérer assez étonnante pour qui n’est pas suffisamment proche de cette zone pour se rendre compte de toute l’ampleur du problème. Pour la petite Suissesse que je suis, cela semble assez loin de ce que je me représentais, quoique j’imaginais bien ne pas me retrouver face à des enfants de chœur.

On fait la connaissance de Victor Coste, lieutenant de police, et son équipe. On est immédiatement plongé dans le vif du sujet : un premier cadavre retrouvé, puis, on se rend à l’institut médico-légal pour l’autopsie du corps d’un homme, laquelle ne va pas du tout se passer comme prévu et lancer l’équipe de Coste sur une enquête hors du commun. Autant dire que le lecteur est pris au jeu dès les premières pages et ne s’ennuie pas un seul instant.

Franchement, je ne trouve rien à redire sur l’enquête ou son dénouement. Au contraire, je ne peux que féliciter les choix de l’auteur d’avoir tourné les événements à cette sauce-là, car tout reste crédible et malgré la difficulté de cette enquête inextricable, tout devient clair comme de l’eau de roche une fois qu’on a toutes les cartes en main et on peut sans aucun problème remonter le fil jusqu’à l’élément déclencheur. Juste super, rien à redire là-dessus.

La plume se lit toute seule et convient parfaitement aussi bien aux descriptions qu’à l’action et les scènes de suspense sont bien décrites et prennent aux tripes. On voit que l’auteur sait de quoi il parle !

Il y a juste un mini détail que je n’ai pas compris, c’est la division du livre en quatre parties qui n’apporte rien dans le découpage de l’histoire en elle-même (si ce n’est un endroit où tenter d’arrêter sa lecture…) et les citations en début de chaque partie, à part la première, ne servent pas à grand-chose non plus. Je suis perplexe.

Vous l’aurez compris, Code 93 c’est du très bon polar, avec de très beaux pics de suspense et une enquête passionnante et hors du commun. J’ai adoré ce livre et je le conseille vivement. Un auteur que je vais suivre, c’est sûr !

Lecture pour : tous. Code 93 saura aussi bien combler les amateurs de romans policiers aux enquêtes emberlificotées, mais crédibles et réalistes qu’aux mordus de thrillers grâce à quelques moments de gros suspense et scènes qui font bien froid dans le dos.

Du très bon policier, on voit que l'auteur sait de quoi il parle, sa plume convient parfaitement au suspense lattant tout au long du roman : livre à lire, auteur à suivre !



Troisième LC avec Kassyna pour notre Fairytale Friendship (septembe).

Pour toutes les deux ce fut notre première découverte d'Olivier Norek et nous ne sommes absolument pas déçues par Code 93. Vous trouverez son avis ici.

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Titre : Territoires (Coste#2)
Auteur : Olivier Coste
Édition : Pocket
Date de parution : 2014
Nombre de pages : 374
Décor : Paris 93
Lu en : Février 2017

10 ♥/10

Quatrième de couverture : Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L'exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d'à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé...

et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à   Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles - loin d'être aussi fictives qu'on pourrait le croire - où les assassins eux-mêmes sont manipulés.


Mon avis : Bienvenue dans les banlieues du 93, régies par les grands barons de la drogue, qui mènent la danse là où la police elle-même n’ose plus mettre les pieds. Un énorme problème pour certains, une aubaine pour d’autres, qui souhaitent au contraire les garder sous contrôle, mais près d’eux.

Un jour cependant, tout bascule, lorsque l’un des grands barons de la drogue est retrouvé mort. Toute la banlieue est en ébullition, et nous allons suivre Coste et son équipe pour découvrir qui est à l’origine de ce meurtre.

Waouw, 10/10, sans aucune hésitation ! Ce roman est incroyable. On apprend comment fonctionnent et s’organisent les cités (du 93 ici). Tout est décrit d’une façon tellement réaliste, que toutes les informations deviennent tangibles, et je commence enfin à comprendre pourquoi les policiers n’osent plus intervenir dans certaines cités !

Norek met en lumière une organisation qui roule, avec des rouages bien huilés, qui sont d’ailleurs parfois huilés par des hautes autorités. Du copinage, des pots-de-vin, des yeux fermés sur la réalité… Juste incroyable, j’ai adoré. J’ai vraiment eu la sensation d’être au cœur de l’enquête, à tenter d’échelonner les informations pour découvrir la vérité. Tout est tellement bien ficelé, tous les indices bien cachés, mais en même temps bien présents, que le lecteur est capable d’avancer dans l’enquête et de suivre pas à pas le travail des policiers.

J’avais déjà adoré Code 93, et j’avais peur que le travail de l’auteur aille decrescendo (on connaît en général mes mauvais avis sur les tomes 2…). Quelle grossière erreur ! Olivier Norek signe là un roman magnifique, qui m’a fait trembler, vibrer, m’interroger, et qui tape même presque plus fort que le premier tome. Une très belle surprise qui me donne envie de plonger au plus vite dans Surtensions ! Avec ce que je sais jusqu’à maintenant, je crois bien que l’auteur ne pourra pas me décevoir.

En quelques mots : rien à redire, on a entre les mains un roman policier qui frise la perfection, où tout est écrit avec une justesse incroyable ! Alors découvrez sans hésiter les enquêtes de Victor Coste.

Splendide, écrit avec une justesse incroyable, très réaliste et superbement bien ficelé ! À lire de toute urgence !

samedi 11 mars 2017

Misery - Stephen KING

Titre : Misery
Titre original : Misery
Auteur : Stephen King
Édition : J'ai Lu
Date de parution : 1987
Nombre de pages : 440
Genre : Thriller, horreur
Décor : USA
Lu en : Février 2017

10 ♥/10

Quatrième de couverture : Paul Sheldon, écrivain de best-sellers, est devenu riche et célèbre grâce aux aventures d'une héroïne romantique qu'il a créée : Misery Chastain. Au bout d'un certain nombre de tomes, il décide de la faire mourir pour se consacrer à d'autres histoires.

Alors qu'il voyage en montagne, il subit un grave accident de voiture et est sauvé par une ancienne infirmière, Annie Wilkes, qui dit être sa plus fervente admiratrice. Elle le soigne gentiment, mais Paul ne la trouve pas normale. Quand elle litL'enfant de Misery en découvrant à la fin que son héroïne préférée meurt, elle ne laisse pas partir Paul de chez elle et le force à écrire Le Retour de Misery : c'est à ce moment que le supplice va commencer et le cauchemar de Paul aussi...


Mon avis : Misery, un livre du grand Stephen King qu’il me restait à lire, alors que j’avais déjà été subjuguée par le film. Je pense que tout le monde ou presque connaît l’histoire, en quelques mots, il s’agit d’un incroyable huis clos dans lequel un écrivain qui a eu un terrible accident de voiture est sauvé et hébergé par une femme qui se trouve être également l’admiratrice numéro un dudit écrivain. Rapidement, de sauveuse, elle devient bourreau. Je pensais le film très fidèle au livre et je me demandais si j’allais vraiment être surprise. Grosse erreur, le roman regorge de surprises et le lecteur suit petit à petit l’état d’esprit de l’écrivain et le tourbillon sans fin qui le mène progressivement en enfer. Un écrit magnifiquement terrifiant.

J’ai vibré tout au long des pages et j’ai grandement apprécié la psychologie des deux personnages. Le changement d’état d’esprit de l’écrivain et le masque d’Annie qui tombe au fil des pages. Tout est tellement bien décrit, les pensées si précises, que tout est crédible, tout est tangible. Superbe, foudroyant, terrifiant, réaliste, incroyable… Une pépite horrifique qu’il faut absolument découvrir.

Magnifiquement horrifique, à lire à tout prix !

vendredi 10 mars 2017

Méthode 15-33 - Shannon KIRK

Titre : Méthode 15-33
Titre original : Method 15/33
Auteur : Shannon Kork
Édition : France Loisirs
Date de parution : 2015 VO, 2016 VF
Nombre de pages : 352
Genre : Thriller
Décor : USA
Lu en : Février 2017

2/10

Quatrième de couverture : Imaginez une jeune fille de seize ans, enceinte et sans défense, que l'on jette dans une camionnette crasseuse. Vous la croyez terrifiée ?

Bien au contraire, elle n'est pas comme les autres, elle ne ressent aucune empathie. Un handicap qui va devenir une force redoutable : méthodique et calculatrice, elle met au point un plan d'évasion où rien n'est laissé au hasard.

Dès les premières minutes de son enlèvement, elle se focalise avec calme et détermination sur deux choses : sauver l'enfant qu'elle porte et se venger. Sa volonté de fer et son ingéniosité seront ses meilleures armes contre la perversité de ses oppresseurs, et il ne lui restera alors plus qu'à attendre le moment idéal pour lancer son attaque.


Mon avis : J’ai commandé ce livre dans le catalogue de France Loisirs, et pour le coup, je ne me rappelle plus si la quatrième de couverture était celle que j’ai retranscrite ici. Je me souviens que ce que j’avais lu m’avait beaucoup attirée et la petite phrase sur la couverture « ils veulent lui prendre son enfant, elle va leur apprendre la peur » avait terminé de me convaincre. Je m’attendais à quelque chose d’original, un beau retournement de situation, une petite pépite en gros ! Et… et non en fait.

Bref, je ne vais pas m’étendre sur ce que j’espérais lire et que je n’ai pas trouvé. Le bandeau est vendeur et en fait des caisses pour une histoire aussi plate que peu crédible. La quatrième de couverture nous annonce déjà les grandes lignes : une femme enceinte est enlevée et elle va réussir à s’échapper. Déjà, aucune surprise, c’est elle qui raconte sa propre histoire et on sait donc qu’elle va s’en sortir dès la première page. Alors forcément, je m’attendais à un suspense insoutenable, un formidable huis clos, mais non, loin de là. Je me suis ennuyée une bonne partie du roman, surtout lorsque l’héroïne répertorie tous les éléments qui sont à sa disposition, en les nommant « item 1, 2, 3… », et on comprend vite que ce sont les item 15 et 33 qui vont lui servir. On a donc droit, sans spoil, à minimum 33 items décrits et associés à un numéro. C’est lourd, niveau hors catégorie ! Surtout quand elle numérote des éléments comme son intelligence et sa volonté, c’est vrai que c’est indispensable pour créer son plan d’évasion.

Tout est trop téléphoné, peu crédible, les méchants sont ridicules à souhait, l’héroïne est insupportable. Et j’ai attendu et attendu le moment du retournement de situation, qui n’arrivait jamais. Je voulais la voir leur « apprendre la peur » comme l’annonce le bandeau, et encore une fois, il ne se passe rien… Je voulais une sorte de sociopathe en puissance qui allait faire regretter leurs actes aux méchants, mais non, rien, RIEN ! Ou presque, parce qu’elle annonce clairement sa pensée, ça doit donc être suffisant pour elle, mais pour moi ça ne l’est pas.

Je me rends compte que je patauge un peu pour rédiger cet avis, tout simplement parce que je n’ai pas aimé, mais qu’il n’y a pas grand-chose à en dire, puisque selon moi l’auteur ne fait qu'effleurer toute l’histoire pour tenter un huis clos qui est ennuyeux, peu crédible et pas palpitant du tout.

Quoi qu’il en soit, je dois avouer que la quatrième de couverture et le bandeau sont vraiment bien vendeurs pour ce que c’est… J’ai presque honte d’avoir été aveuglée par ce bel enrobage.

Je ne recommande pas, je me suis ennuyée et je n’ai pas du tout trouvé ce que je cherchais et espérais lire

vendredi 3 mars 2017

C’est grave docteur ? Les plus belles perles entendues par votre médecin - Michel GUILBERT

Titre : C’est grave docteur ? Les plus belles perles entendues par votre médecin
Auteur : Michel Guilbert
Édition : Éditions de l'Opportun
Date de parution : 2014
Nombre de pages : 143
Genre : Humoristique
Lu en : Février 2017

1/10

Quatrième de couverture : Les patients du docteur Michel Guilbert s’adonnent quelquefois à des combinaisons linguistiques savoureuses… que le docteur s’est empressé de noter.

En réunissant ces perles, toutes certifiées 100 % vraies, l’auteur nous donne l’occasion de sourire et de constater la grande créativité dont nous sommes capables. Un livre antidéprime, à consommer sans modération !

« Avez-vous la pilule du surlendemain ? » - Pas drôle, et en plus ça existe de nos jours.


Mon avis : Un TOUT PETIT livre qui se veut humoristique, mais qui malheureusement n’arrive à rien, ou presque. Quoique, je suis mauvaise langue, j’ai vaguement ri une fois avec « J'ai consulté un gastro-entéropode », c'est tout. Ça expliquera ma note…

Pourquoi « tout petit » livre alors qu’il fait 143 pages ? Tout simplement parce que ce n’est pas un roman, pas des tranches de vie (comme on aurait pu l’imaginer), mais de minuscules citations, souvent de quelques mots, comme celle indiquée ci-dessus. Donc autant vous le dire, cette mini compil’ se lit en environ 12 minutes, grand max ! C’est d’un triste… Surtout vendu à 9,90 € sur Amazon hein. Belle fumisterie. Pour en rajouter une couche, je précise que les citations sont toutes plus connues les unes que les autres du type « hernie fiscale » and co, sont trop courtes et souvent tombent complètement à plat.

Je pense pourtant que l’auteur, également docteur, a dû en voir des vertes et des pas mûres au cours de sa carrière et qu’il aurait pu sans problème écrire un petit recueil de tranches de vie hilarantes.


Lu en 12 minutes montre en main, peu innovant et souvent pas drôle

samedi 25 février 2017

Le Cri de la mouette - Emmanelle LABORIT

Titre : Le Cri de la mouette
Auteur : Emmanelle Laborit
Édition : Pocket
Date de parution : 1994
Nombre de pages : 206
Genre : Témoignage, autobiographie
Décor : France
Lu en : Février 2017

7/10

Quatrième de couverture : Emmanuelle est sourde de naissance. Elle ne connaît qu'une chose : le silence. Pour s'évader de cette prison, elle se met à crier. Des cris d'oiseau de mer, disent ses parents. Jusqu'au jour où, à sept ans, « la mouette » découvre le langage des signes. La petite fille se transforme : le monde s'ouvre à elle... Elle sera comédienne puisque c'est son rêve le plus cher. Adolescente révoltée, Emmanuelle va lutter, souffrir et finalement gagner son combat : être actrice mais aussi plaider la cause de millions de malentendants. Pour que le monde des sourds ne soit plus le monde du silence.

« Pour moi, la langue des signes correspond à la voix, mes yeux sont mes oreilles. Sincèrement, il ne me manque rien. C'est la société qui me rend handicapée, qui me rend dépendante des entendants : besoin de se faire traduire une conversation, besoin de demander de l'aide pour téléphoner, impossibilité de contacter un médecin directement, besoin de sous-titres pour la télévision, il y en a si peu. Avec un peu plus de Minitel, un peu plus de sous-titres, moi, nous, les sourds, nous pourrions plus facilement avoir accès à la culture. Il n'y aurait plus de handicap, plus de blocage, plus de frontière entre nous. »


Mon avis : Le fabuleux témoignage d’Emmanuelle Laborit, sourde de naissance, qui nous raconte son intégration, sa découverte du monde, d’elle-même et les combats qu’elle va mener pour aider la communauté des sourds.

Ce témoignage est à mettre entre toutes les mains pour que tout le monde se rende compte de ce que c’est qu'être sourd. Forcément, lorsqu’on ne l’est pas, on ne peut pas réellement se mettre dans leurs chaussures. Tout au plus, on pourrait s’imaginer ne plus entendre, mais en réalité, la perception du monde par un sourd (surtout de naissance) est bien différente de la nôtre, même si l’on se bouchait les oreilles. C’est ce que ce livre m’a appris.

Pas de « super pouvoir », ni vraiment une sorte de nouveau sens, tout est plus subtil, et je n’avais même jamais pensé aux difficultés d’expliquer à un enfant qui n’a jamais eu accès à l’ouïe, et de même à l’écriture, comment lui communiquer certains concepts ou choses abstraites. Comment définir « hier », « demain », ou même « je » ? Comment entrer en contact, dialoguer, se faire comprendre. Découvrir le développement d’Emmanuelle depuis sa prime enfance est vraiment très intéressant.

De plus, nous apprenons de nombreux éléments sur la condition des sourds « à l’époque », à savoir lorsque la langue des signes était encore interdite et que les médecins et les enseignants la prohibaient, forçant les jeunes sourds à oraliser des sons qu’ils parvenaient à peine à former. Ils étaient portés par la vision de « Faites parler un sourd et il parlera ». Mais on apprendra au fil des pages, le besoin de pouvoir communiquer avec les siens, d’avoir une identité, une culture. La langue des signes devient la langue maternelle du sourd, qui pourra, à partir de là, apprendre beaucoup plus facilement le français, comme deuxième langue.

Emmanuelle répète que les sourds n’aiment en général pas trop lire, et beaucoup de gens lui ont répété qu’il serait impossible pour elle d’écrire un livre. Mais rien n’arrête notre Mouette qui a réussi à aller jusqu’au bout, à nous raconter sans honte ni tabou son histoire, à partager avec nous les détails de sa vie et son combat pour venir en aide aux sourds à une époque où ils étaient encore trop souvent laissés pour compte.

Une très belle histoire, sans apitoiement ni apologie de quoi que ce soit, juste un témoignage qui vient du cœur, qui peut ouvrir les yeux à certains, faire voir le monde différemment à d’autres, ou tout simplement fournir des éléments très instructifs qui viennent d’une personne qui sait ce que c’est, qui peut en parler, et réellement témoigner.

Je tiens à préciser que parfois, je trouve qu’elle se répète un peu, mais ce n’est très certainement pas ce que je vais retenir de ce beau témoignage qui touche au cœur.

Très beau témoignage d'une fille sourde de naissance, qui nous explique comment elle perçoit et arpente le monde

mercredi 22 février 2017

Japantown - Barry LANCET

Titre : Japantown
Titre original : Japantown (US)
Auteur : Barry Lancet
Édition : Bragelonne
Nombre de tomes : 3
Date de parution : Octobre 2014
Nombre de pages : 507
Genre : Thriller, policier
Décor : San Fransisco (US), Tokyo (JP)
Lu en : ici

5/10

Quatrième de couverture : À Japantown, quartier nippon de San Francisco, une famille japonaise est abattue dans une mise en scène macabre. Unique indice : un kanji dessiné sur la scène du crime…

Le soir même, la police fait appel à Jim Brodie, un expert spécialisé dans la culture et l’art asiatiques. Surtout, le kanji est le même que celui trouvé sur les lieux du meurtre de sa femme, quatre ans plus tôt. Prêt à tout pour rendre sa propre justice, Brodie se lance alors dans une enquête mortelle sur les traces d’une organisation de yakuza insaisissables, œuvrant à l’ombre des plus hautes sphères du pouvoir, de San Francisco à Tokyo…


Mon avis : Une couverture alléchante, un titre qui m’a tout de suite attiré l’œil, une quatrième de couverture qui m’a beaucoup plu, il ne m’en fallait pas plus pour me jeter sur Japantown. Malheureusement, ce roman n’a pas tenu toutes ses promesses…

Nous rencontrons Jim Brodie, un détective privé un peu particulier, qui travaille comme antiquaire et qui dirige l’agence de sécurité de son défunt père. Il passe donc son temps entre Tokyo et la Californie, au besoin, pour ses deux activités professionnelles. Autant vous dire tout de suite que vous saurez tout de cette organisation et de son emploi du temps parce qu’il y revient plus que de raison… Et plutôt que de disséminer ces informations au fil des pages, saupoudrant ici et là un petit détail sur son passé, non, nous avons droit à des passages entiers, bien ennuyeux et qui perdent toute leur saveur car on finit par lire en travers après quelques lignes. (De plus, les noms de famille des Japonais se ressemblent, ça, c’est encore gérable, mais associer chaque nom, surnom, prénom et/ou position devient réellement chaotique au bout d’un moment.)

En ce qui concerne l’histoire, elle commence de manière très déroutante, par un chapitre qui tombe comme un cheveu sur la soupe et assez incompréhensible. Heureusement, dès le deuxième, les choses s’améliorent nettement, avec le meurtre d’une famille en peine rue. Aucun indice n’est laissé sur place, si ce n’est un kanji inconnu tracé sur la scène de crime. C’est là que Jim entre en jeu afin d’aider la police locale grâce à son savoir sur le Japon.

Mon avis ensuite est un peu en demi-teinte. J’ai adoré certains passages, notamment quand Jim se rend à Tokyo retrouver ses acolytes. Le moment où il se rend dans le Ryokan de Soga-jujo est super. Nous marchons sur un fil entre Japon traditionnel (qui sait toujours m’envoûter) et une enquête dangereuse qui devient enfin intéressante. Pour autant, je dois dire que le temps est assez long avant d’arriver à ce moment, et il y a des chapitres entiers de remplissage. On ira donc se promener (inutilement) aux quatre coins du monde, alors que la plupart de ces visites sont complètement superflues. Franchement, le roman gagnerait à se voir épurer de ce côté-là ! (Bon, je viens de découvrir qu’il y a une suite, mais je doute qu’il y ait un lien avec ces événements… Je suis bien dubitative.)

Quoi qu’il en soit, une fois à Tokyo, les choses sérieuses commencent, c’est appréciable, et même de retour aux États-Unis, on reste dans le feu de l’action. On sent que le piège se referme, mais on ne sait pas encore sur qui. J’attendais la fin avec impatience et… j’ai eu droit à la fin la plus improbable de tous les temps. J’ai toujours eu de la peine avec le monologue final du méchant pour expliquer toutes l’histoire au gentil, là, c’est encore pire, et je pèse mes mots. C’est bien d’avoir des idées et de les entasser à la pelle tout au long de l’histoire, nous offrant une myriade de sous-intrigues aussi vide de sens qu’inutiles pour nous offrir sur un plateau la fin de la manière la plus plate et triste de monde, comme si l’auteur n’avait pas réussi à mieux gérer l’inclusion des réponses dans le corps du texte. Ah non, vraiment, du grand art.

Il m’est donc très difficile de juger ce roman. Pas mauvais, parce que j’ai quand même senti le suspense monter, j’ai eu l’impression d’arpenter les rues de Tokyo avec Jim, mais pas bon non plus, parce que je me suis ennuyée par moments, le personnage qui raconte sans cesse sa vie (à la première personne) est vite peu crédible et la manière dont les événements finaux sont révélés est purement et simplement ratée selon moi.

Un livre qui ne se lit pas tout seul, il faut persévérer car les longueurs se font sentir. De plus, la fin n'est pas crédible du tout

dimanche 19 février 2017

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann SHAFFERet Annie BARROWS

Titre : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
Titre original : The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society.
Auteur : Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
Édition : Éditions France Loisirs
Date de parution : 2009
Nombre de pages : 400
Genre : Épistolaire, historique
Décor : Guernesey, Londres (UK)
Lu en : Janvier 2017

7/10

Quatrième de couverture : Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité. Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

Mon avis : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est un titre qui fait mouche, qui intrigue et qui fait rire. Un livre que j’avais envie de lire sans même savoir de quoi il parlait. Puis j’ai appris qu’il s’agissait d’un échange de lettres entre une auteure, Juliet, et des membres du cercle, qui lui raconte la création de ce club un peu particulier, en pleine Seconde Guerre mondiale. C’est un peu déstabilisée par cette information, mais très intriguée que je me suis lancée dans cette lecture.  

Le format choisi, à savoir l’échange épistolaire, n’est malheureusement pas un format qui me plaît beaucoup. J’ai été agréablement surprise dans la première moitié du livre, j’ai vite été touchée par l’histoire des habitants de Guernesey, qui, au moyen de lettres, décrivent à Juliet leur quotidien pendant la guerre. Parce que pour raconter la création du Cercle littéraire, il faut expliquer comment était leur vie à cette période. Et ça, ça m’a tout simplement passionnée. En plus, je dois avouer que je ne savais en rien ce qui c’était passé pendant la guerre sur cette île, qui, comme ses sœurs Jersey et de Man, ont un statut très particulier au sein du Royaume-Uni. J’ai pu me rendre compte que, dès la Seconde Guerre mondiale, les choses ont été bien différentes pour les insulaires que pour les autres Britanniques. Juste passionnant, car il s’agit de quelques informations très fortes, mais délicatement saupoudrées au fil de lettres. Donc, pas d’indigestion.

Cette histoire est très douce, de par l’amitié qui se tisse entre Juliet et les insulaires, mais aussi poignante, avec les détails atroces de la guerre. On se laisse porter par ses lettres et on profite.

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé, c’est frais, c’est drôle tout en étant totalement crédible (à voir la fabuleuse explication de la création du Cercle et du choix de ce nom hors du commun), c’est tendre, mais fort… C’est vraiment beau.

Seul point négatif pour moi, le format épistolaire, qui m’a lassée à la moitié du livre. Au départ, les lettres sont légitimes, les gens écrivent tous à Juliet, mais tout change quand cette dernière vient leur rendre visite à Guernesey, et là, les lettres deviennent très artificielles. J’aurais préféré un changement de narration, c’est dommage, mais complètement personnel.

Tendre, drôle, fort... Première partie top, deuxième partie un peu artificielle à cause du format épistolaire

jeudi 16 février 2017

Be Mine - N. C. BASTIAN

Titre : Be Mine
Auteur : N. C. Bastian
Édition : Harlequin
Date de parution : 2016
Nombre de pages : 461
Genre : Romance, (érotique)
Décor : Dakota du Sud
Lu en : Janvier 2017

8/10

Quatrième de couverture : Kim
Cinq ans… et j’ai toujours aussi mal. Se remet-on vraiment un jour de la perte de son premier amour ? Je n’en ai aucune idée. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’Alex m’a détruite. En même temps, notre histoire était trop belle pour être vraie. Pourquoi le plus beau biker du Dakota se serait-il rangé pour une simple fille comme moi ?

Aujourd’hui, je suis de retour mais j’ai tourné la page. Les contes de fées, c’est terminé. Je n’y crois plus. Et je ne me ferai plus avoir. Je ne céderai pas à la force des sentiments que j’éprouve toujours pour Alex malgré moi. À aucun prix.

Alex
Cinq ans… et l’absence de Kim est toujours aussi insupportable. Inexplicable. Inattendue. Je n’ai rien compris. Rien. Pourquoi ma Kimi est-elle retournée en France précipitamment ? Sans un mot, sans un regard en arrière. Elle a tout plaqué, et moi aussi par la même occasion.

Mais, maintenant qu’elle est revenue dans le Dakota, c’est enfin l’heure des explications. Et rien ni personne ne pourra la tenir éloignée de moi plus longtemps. Elle est à moi. À moi.


Mon avis : Dakota du Sud, une ville de Bikers, Kim est en couple avec Alex. Mais les choses ne se passent pas très bien et Kim décide de retourner chez elle en France et de fuir Alex, ses frères de Silence of Death et les autres clans de bikers. Cinq ans plus tard, elle revient au pays pour rendre visite à son grand-père. Quand elle et Alex se retrouvent, la flamme entre eux ne semble pas tout à fait éteinte, il va falloir revenir sur les éléments délicats parvenus cinq ans plus tôt.

Une romance érotique qui m’a plu pour son aspect plus original et moins gnangnan que d’autres romans du genre. Le point original, c’est le cadre : l’univers des bikers, avec ses clans, règles, ses façons de faire et même ses règlements de comptes. C’est d’ailleurs dans cette atmosphère bouillonnante que nous mettons les pas, avec de belles tensions entre plusieurs clans, y compris celui des Silence of Death, dont le grand-père de Kim est le président et qui compte parmi ses membres le fameux Alex, ainsi que de nombreux amis de l’ex-couple.

L’histoire d’amour entre Kim et Alex est décrite de façon vraiment sympathique : des passages du passé chevauchent ceux du présent dans un kaléidoscope bien réussi. Leur rencontre dans le passé fait écho à leurs retrouvailles dans le présent, la première visite dans la maison d’Alex à l’arrivée de Kim dans cette même maison pour se protéger de la pluie, etc. Les lieux, les événements, les personnages font donc le lien entre les deux époques, mais les sentiments ne sont pas toujours les mêmes. En parlant de sentiments, on comprend vite que les événements qui ont mené le couple à la rupture sont graves, et on veut comprendre exactement ce qui s’est passé. J’étais loin d’imaginer ce qui en était exactement la cause, du moins, j’ai entrevu certaines pistes, mais pas autant !

Quelques scènes érotiques viennent habilement se mêler à l’histoire, aux bons moments, sans trop en faire. Très bon choix.

Dans l’ensemble, il s’agit donc d’un roman que j’ai apprécié, l’ambiance bikers, clans et règlements de comptes y est pour beaucoup, mais même l’histoire d’amour au centre est plutôt sympathique. En plus, je dois avouer qu’il est agréable de ne pas se retrouver avec une énième saga et d’avoir un début et une fin qui tienne la route sur moins de 500 pages.

Une romance érotique très fraîche qui allie amour et l'univers des bikers

jeudi 9 février 2017

Lorenzaccio - Alfred DE MUSSET

Titre : Lorenzaccio
Auteur : Alfred de Musset
Édition : Larousse (Petits classiques)
Date de parution : 1834
Nombre de pages : 199
Genre : Théâtre, classique
Décor : Florence (IT)
Lu en : Février 2017

7/10

Quatrième de couverture : Florence, 1537. Alexandre règne par la terreur, et la vertu a fui. Jusqu'à son cousin Lorenzo qui a changé de visage ! Lui qui était un modèle de pureté, il s'est fait entremetteur. Par mépris, on le surnomme Lorenzaccio. Lorenzaccio ne serait-il qu'un masque ? C'est que Renzo a un projet fou : à lui seul, il veut tuer le tyran. Pour l'approcher, le héros joue le débauché. Mais le rôle n'est pas sans risques. Très vite, le costume lui colle à la peau. Florence et Lorenzaccio, c'est tout comme. Trop divisés pour jamais s'entendre, ils sont tous deux condamnés à mourir.

« Ainsi donc les avalanches se font quelquefois au moyen d'un caillou gros comme le bout du doigt. »


Mon avis : Après une longue pause dans ma fièvre théâtrale, je reviens sur une pièce incontournable : Lorenzaccio. La pièce prend place en 1537, à Florence, alors qu’Alexandre de Médicis y règne en tyran. Lorenzo de Médicis, décide de sauver la ville en tuant son lointain cousin.

La pièce met donc en scène un événement de l’histoire, avec quelques petits changements indiqués par l’auteur. J’avoue que mes connaissances sur cette période de l’histoire sont moindres, mais malgré tout, j’ai réussi à suivre. Ce n’est donc pas nécessaire, mais ça peut être un réel atout, car j’ai dû me référer assez souvent aux notes de bas de page pour comprendre.

La pièce est divisée en cinq actes, et s’ouvre sur un acte premier qui m’a presque fait refermer le livre, tellement j’étais perdue ! Des personnages à foison, aussi transparents que l’indiquent leurs noms (du type « marchand 1 », « passant 2 », etc.). Impossible d’extraire les informations importantes dans ce brouhaha incessant. Le début de l’acte 2 ne m’a pas plus emballée que cela non plus, mais le personnage de Lorenzaccio est plus présent, on sent donc que les choses intéressantes commencent, et à partir de là moitié de l’acte 2, c’est bon, j’étais dedans ! J’ai ensuite pris un pur plaisir de voir Lorenzo ourdir son plan à l’encontre d’Alexandre, ou même les petites guerres entre les différents prétendants au trône.

La pièce va donc crescendo, mais il faut vraiment s’accrocher au début ! Le reste m’a beaucoup plu, les jeux de pouvoir entre les familles, le masque de Lorenzo qui tombe, dévoilant un homme décidé… Autant ne pas en dire davantage.

En ce qui concerne la fin, je la trouve un peu précipité, comparée au reste de la pièce, qui est très dense. Je suppose que sur scène, l’impression doit être différente, mais à lire, c’est un peu déstabilisant, car les petites scènes de 4-5 répliques s’enchaînent, présentant chaque fois un petit groupe de personnages différents et à des endroits différents également.

Malgré quelques petits bémols et quelques longueurs qui auraient pu être tranchées dans le vif sans incidence sur le texte, j’ai globalement apprécié cette pièce, surtout à partir du moment où Lorenzo prend les choses en main !

Pièce très sympa, malgré un premier acte ennuyeux à mourir

mercredi 1 février 2017

Le Temps est assassin - Michel BUSSI

Titre : Le Temps est assassin
Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la Cité
Date de parution : 2016
Nombre de pages : 532
Genre : Thriller, drame
Décor : Corse
Lu en : Décembre 2016

5/10

Quatrième de couverture : Été 1989, Corse, presqu’île de Revellatta. Un fatal accident de voiture : quatre occupants, une seule survivante, une adolescente de quinze ans. Tous sont morts sous ses yeux.

Été 2016, devenue femme et mère, Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec sa famille, en vacances, pour exorciser le passé… A l’endroit même où elle passait son dernier été avec ses parents, elle trouve une lettre.

Une lettre signée de sa mère… Vivante ?


Mon avis : J’écris cet avis un peu à froid, car il m’a fallu un peu de temps pour réfléchir à tout ce que j’avais lu.

En 1989, Clotilde perd ses parents et son frère dans un terrible accident de voiture. Elle, cependant, s’en tire sans une égratignure. En 2016, alors épouse et mère, elle retourne en Corse, sur les lieux de l’accident. Une étrange lettre signée par sa mère va tout remettre en cause et réveiller les démons du passé… Sa mère peut-elle avoir miraculeusement survécu à l’accident ? Impossible, elle a vu son corps. Passe-t-elle à côté de quelque chose ? Probablement… Pour en avoir le cœur net, elle doit remettre la main sur le journal intime qu’elle tenait en 1989.

Le premier tiers m’a vraiment emballée : on arpente les paysages fabuleux de Corse, on découvre le passé de Clotilde et la mystérieuse lettre qu’elle a reçue, on la suit dans ses déductions et on apprend à connaître les locataires du camping dans lequel elle a passé tous ses étés enfant. On s’interroge, on échafaude des pistes, on soutient Clotilde et on tente de débrouiller la vérité.

Le lecteur suit les aventures de Clotilde, mais a la chance de pouvoir se plonger dans son journal intime en parallèle, même si cette dernière ne l’a pas entre les mains. Nous avons donc l’avantage de comprendre ce qui s’est passé en 1989 et, ainsi, de rentrer indirectement dans ses pensées. L’alternance est plutôt bien faite, mais globalement, j’ai trouvé que les passages du passé étaient trop longs et contenaient trop d’éléments de remplissage.

Du coup, ma lecture est assez vite devenue moins assidue ; j’ai commencé à m’ennuyer un peu, trouvant que Bussi en faisait un peu trop. Dommage, parce que jusqu’à maintenant, je trouvais qu’il était le maître du « ni trop, ni trop peu », mais là, force est de constater que selon mes standards, il en a fait trop, vraiment trop même, au vu de la fin, entre autres, qui comprend de nombreux éléments pas crédibles du tout.

Comme souvent dans les livres de Bussi, celui-ci contient de multiples rebondissements. Même si je déplore le manque de crédibilité de certains, il y en a d’autres que j’ai vraiment appréciés. Je pense donc qu’avec un peu moins de sensationnel et un peu moins de longueurs, j’aurais davantage aimé ce roman.

Il ne s’agit pas pour moi d’un mauvais livre, mais j’ai été déçue par rapport à ce que j’attendais. Certes, il y a du bon et du moins bon, mais je trouve que la part de « moins bon » compte vraiment trop de passages « crédibilité zéro » ce qui vient forcément entacher quelque peu mon avis.

Le livre que j'ai le moins aimé de l'auteur, pas loin de N'Oublier jamais, par contre, j'adore tous les autres !

mardi 31 janvier 2017

Antoine Marcas (tome 1) [Le Rituel de l'ombre] - GIACOMETTI-RAVENNE

Titre : Le Rituel de l'ombre (#1)
Auteur : Éric Giacometti et Jacques Ravenne
Édition : Pocket
Nombre de tomes : 10 + 1 (en cours)
Date de parution : 2005
Nombre de pages : 487
Genre : Thriller, policier (ésotérique)
Décor : France, Pays-Bas, Croatie, Israël, Italie
Lu en : Janvier 2017

6/10

Quatrième de couverture : Rome, mai 2005. Une archiviste du Grand Orient est assassinée lors d'une soirée à l'ambassade de France, suivant un rituel qui évoque la mort d'Hiram, fondateur légendaire de la franc-maçonnerie. À Jérusalem, un archéologue en possession d'une énigmatique pierre gravée subit un sort similaire. Le commissaire Antoine Marcas, maître maçon, et son équipière, Jade Zewinski, qui abhorre les « frères », se trouvent confrontés aux tueurs implacables d'une confrérie nazie occulte, la société Thulé, adversaire ancestrale de la maçonnerie. Soixante ans après la chute du IIIe Reich, les archives des francs-maçons, dérobées par les Allemands en 1940, continuent à faire couler le sang. Mais quel secret immémorial se dissimule entre leurs pages jaunies ? Un secret pour lequel on tue sans scrupules...

Mon avis : Je commence la saga avec le commissaire Antoine Marcas. Depuis que j'ai rencontré Jacques Ravenne au Livre sur les quais, je dois dire que je rêvais de me lancer dans Le Rituel de l'ombre. C'est chose faite.

Il s'agit donc du premier tome de la saga, et je suppose qu'à cet effet, il sert d'introduction au monde de la franc-maçonnerie, puisque le commissaire Marcas est lui-même franc-maçon. La profane que je suis a été ravie de pouvoir passer les portes du temple et d'observer une initiation et autres rites. Le seul petit point négatif c'est que les auteurs ont vraiment dû jeter des bases solides pour que le lecteur ne soit pas perdu dans ce nouvel univers, mais par moments, l'enquête est un peu occultée. Il ne s'agit pas vraiment d'un manque d'équilibre entre les deux d'un point de vue quantité d'informations, mais plutôt d'une alternance qui est parfois un peu déstabilisante. Cela dit, je suis sûre que la suite me conviendra encore plus !

Tout commence par la mort d'un frère, d'une façon qui rappelle celle d'Hiram. Une pierre étrange, des documents mystérieux, une secte secrète qui n'apprécie guère la franc-maçonnerie, des meurtres... tout porte à croire qu'un secret immémorial est sur le point d'éclater au grand jour et certains sont prêts à tout pour le protéger, d'autres pour le découvrir.

J'ai eu un peu de peine à vraiment rentrer dans l'histoire, le début est vraiment découpé entre trop de personnages, de lieux et d'époques pour mon petit cerveau. Surtout en n'y connaissant rien sur la franc-maçonnerie... Mais petit à petit, j'ai réussi à comprendre les intérêts de chacun et j'ai pu me plonger réellement dans l'action. Malheureusement, je vais malgré tout rester sur une note légèrement un demi-teinte, car même si j'ai adoré la deuxième moitié et encore davantage la fin, j'aurai pu être tentée d'abandonner en cours de route. (Je serais passée à côté de quelque chose, mais ça me fait dire que le début aurait pu être mieux menée). En plus, je vais lire la suite et je suis sûre qu'elle sera encore meilleure que ce premier tome.

Impatiente de lire la suite, qui sera sûrement meilleure selon moi

lundi 30 janvier 2017

Je m'appelle Requiem et je t'... - Stanislas PETROSKY

Titre : Je m'appelle Requiem et je t'...
Auteur : Stanislas Petrosky
Édition : LaJouanie
Date de parution : 2016
Nombre de pages : 192
Genre : Humour, policier
Lu en : Janvier 2017

7/10

Quatrième de couverture : Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m'appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ? Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n'ai rien à voir avec eux, d'autant que j'ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons. Bon pas tous, parce que je dois d'abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu'ils dandinent du prose et qu'ils ont des yeux de biche. Chasser le diable et ses comparses n'est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre. Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas.

« Patron, va falloir me pardonner par avance. Des tickets pour absoudre, en carnet de 12, vous avez ça chef ? Parce que là, je ne voudrais pas dire, mais filez-moi une soutane en bronze, et je vous sonne l’Angélus juste en lui regardant les miches à la môme. » (p.26)


Mon avis : Le Père Lehydeux, aussi appelé Requiem, parce que, ben… ça sonne mieux, est un curé aux mœurs discutables. Il travaille en tant qu’exorciste et ne se dérange pas à chasser les « démons » à sa sauce. Un jour, une femme tournant des films pour adultes vient le voir pour lui montrer une proposition de tournage aussi immonde qu’illégale. Requiem va tout faire pour mettre hors d’état de nuire les saligauds qui chapeautent cette affaire, et autant dire qu’il ne fait pas dans la dentelle !

Stanislas Petrosky suit les traces de Frédéric Dard en nous offrant un personnage hors du commun, aux multiples vices, qui ne se gène pas de sauter sur la laitière et qui dégaine au besoin, sans trop se soucier de ce qu’on peut penser de lui. Il s’agit également d’une sorte de roman policier, puisqu’il y a une intrigue à résoudre, dans laquelle intervient d’ailleurs la police, mais Requiem va se la jouer solo.

J’ai trouvé le personnage très drôle, qui fera très certainement grincer les dents des plus conservateurs par son manque de considération quant aux bonnes mœurs de l’église. Cependant, il ne manque jamais de se justifier au moyen d’excuses boiteuses mais qui font immanquablement sourire.

La petite enquête qu’il va mener ne casse pas trois pattes à un canard, mais ce n’est pas vraiment ça l’important dans ce roman. Ce que le lecteur attend, c’est bien les prochaines frasques de Requiem et ses explications sur la vision du monde, toujours écrites avec beaucoup d’humour, qui là encore ressemble énormément au phrasé du regretté Frédéric Dard.

L’ensemble fonctionne plutôt bien, mais j’ai malgré tout repéré quelques petits freins à dans ma lecture, par exemple le fait que Requiem se répète beaucoup, notamment sur ce qu’il ferait à « ta » femme, sur les belles phrases qu’il met en valeur par une note de bas de page ou encore sur les surnoms de certains. Tordants la première fois, ces éléments deviennent vite de moins en moins drôles et m’ont fait quelques fois lever les yeux au ciel dans les derniers chapitres. C’est dommage, car on sent que l’auteur en a encore sous le coude et qu’il n’a pas vraiment besoin d’utiliser ce comique de répétition.

Je me demande d’ailleurs s’il y aura plusieurs tomes mettant en scène ce curé culotté, parce qu’à l’instar de San-Antonio, il pourrait facilement être au cœur d’une saga. Si tel est le cas, je ne serais pas surprise que le niveau soit de plus en plus élevé, ça ne m’étonnerait pas que ces petits éléments qui selon moi font figure de petites maladresses disparaissent dans des hypothétiques tomes suivants.

Donc dans l’ensemble, drôle et sympathique, avec quelques petites améliorations possibles.

De Main de Maître (tome 1) - Lorelei JAMES

Titre : La Novice (#1)
Titre original : Bound (#1)
Auteur : Lorelei James
Édition : Milady (Romantica)
Nombre de tomes : 3
Date de parution : 2014
Nombre de pages : 572
Genre : Érotique
Décor : Colorado (USA)
Lu en : Janvier 2017

8/10

Quatrième de couverture : Un voyage érotique aussi délicieux qu’inattendu.

La carrière d’Amery a toujours primé sur sa vie amoureuse jusqu’au jour où, à l’occasion d’un cours de self défense, elle rencontre un homme qui la trouble au plus haut point. Dès le premier regard, Ronin Black, le maître du dojo, éprouve une vive attirance pour la jeune femme. À tel point qu’il décide de l’entraîner personnellement… en public, mais aussi en privé. Cet homme énigmatique repousse les limites d’Amery. Bientôt, elle ne peut plus se passer de lui et du plaisir qu’il lui procure. Pourtant il lui cache quelque chose, et elle s’en veut de lui avoir accordé une confiance aveugle.

L’attachement qu’elle éprouve pour Ronin se révèle bien plus littéral que ce qu’elle aurait pu imaginer.

« Certains amateurs de cordes veulent être attachés par une personne avec qui ils n’entretiennent pas de relation intime ; le bondage n’est pas forcément sexuel. Parfois, c’est strictement psychologique. Puis il y a les disciplines artistiques de bondage, où la beauté des liens et de la configuration des nœuds vise davantage à faire connaître les talents artistiques du maître des cordes qu’à insister sur l’aspect sexuel de la scène. »


Mon avis : Bon, vous en avez peut-être assez que mes avis (négatifs) sur des livres érotiques pullulent de partout. Cette fois, un changement de taille par rapport à mes précédentes lectures : j’ai aimé ce livre ! Et je compte bien lire la suite ! Qui l’eut cru ?

Déjà, assez rare pour l’indiquer, et je pense que c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai davantage apprécié ce roman : la narration se fait à la troisième personne. Cela présente le double avantage de ne pas se retrouver dans les pensées d’une héroïne qui souvent ne me ressemble pas du tout (ou du moins pas assez pour que je m’y identifie) ainsi que le fait de pouvoir apprécier la relation en tant que telle, le couple comme une entité, qui met les deux personnages sur un pied d’égalité. J’ai beaucoup aimé cet aspect-là, grosse surprise.

En ce qui concerne l’histoire, j’ai été agréablement surprise de voir que je me suis laissée prendre au piège du premier chapitre, pensant que les choses allaient se passer d’une certaine façon alors que non… Pas mal, non ? Surtout quand cette information laisse présager une suite plus intéressante que ce que j’avais entrevu.

Sinon, comme le laisse penser la couverture, nous avons affaire à une histoire de bondage, mais, bien faite si je puis dire. Déjà, tout se passe étape par étape, pas de précipitation. Ronin est maître d’arts martiaux, mais il excelle aussi dans l’art du bondage, y compris dans ses variantes japonaise. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est qu’il parle de ses pratiques comme d’un art. Certes, le plaisir ressenti par la femme ligotée y est pour beaucoup aussi, mais il pratique également le bondage sans relations sexuelles, juste pour présenter son talent. Bien sûr, avec Amery, la femme qui le trouble et pour qui il a vite des sentiments, les choses sont différentes, et le bondage deviendra une façon de sublimer leurs rapports, mais sans douleur, sans sadomasochisme, ce qui est intéressant et sympathique.

Bon, je ne sais pas si les prochains tombes vont continuer sur cette lancée, mais pour l’instant, je n’ai pas remarqué de fausses notes. Le vocabulaire est plutôt bien choisi, assez peu vulgaire (hormis quelques expressions) mais l’ensemble sonne plutôt juste. En plus Ronin prend le temps de faire expérimenter petit à petit les sensations d’être attachée, puis suspendue, en lui laissant prendre son temps et ses marques… C’est assez doux au final.

Je ne sais pas trop quoi dire de plus, mais ce roman a été une agréable surprise, qui ne me réconcilie pas avec le genre, mais qui a su me prouver qu’on peut y trouver du bien. Je vais continuer la saga, en espérant qu’elle ne va pas trop s’écarter des lignes directrices que le tome 1 a plantées et qui me plaisent.

Première saga érotique que je pense continuer par plaisir, en espérant que la suite ne me déçoive pas !

La Machine infernale - Jean COCTEAU

Titre : La Machine infernale
Auteur : Jean Cocteau
Édition : Le Livre de Poche
Date de parution : 1932
Nombre de pages : 154
Genre : Théâtre
Décor : Grèce
Lu en : Novembre 2016

8/10

Quatrième de couverture : Obéissant à l'oracle, Oedipe résout l'énigme du Sphinx, tue son père et épouse sa mère. La peste s'abat sur Thèbes qui a couronné un inceste et un parricide. Quand un berger dévoile la vérité, la machine infernale des dieux explose. Oedipe se crève les yeux et sa mère se pend. S'inspirant du théâtre de Sophocle, Cocteau redonne vie aux grandes figures grecques : Oedipe, Jocaste, Antigone et Créon. Il philosophe en virtuose. Non, l'homme n'est pas libre. Il naît aveugle et les dieux règlent sa destinée. Même le héros, celui qui sort du rang, doit se soumettre. Ce grand texte dit tout sur l'homme avec infiniment d'humour et de poésie.

La Machine infernale (1934) est adaptation, très libre, de l'histoire d'Oedipe qui, selon l'oracle de Delphes, devait tuer son père et épouser sa mère. Cocteau fait subir à la tragédie de Sophocle un traitement tout à fait personnel à base de surréalisme, d'ironie et d'anachronismes volontaires. Il marie la poésie à ce drame austère de la fatalité et rénove, de manière éclatante, un mythe, avec tous les dons du virtuose.

« ŒDIPE : Si, je te gronde ! Je te gronde, parce qu'une femme telle que toi devrait être au-dessus de ces bêtises. Un visage de jeune fille, c'est l'ennui d'une page blanche où mes yeux ne peuvent rien lire d'émouvant ; tandis que ton visage ! Il me faut les cicatrices, les tatouages du destin, une beauté qui sorte des tempêtes. Tu redoutes la patte-d'oie, Jocaste ! Que vaudrait un regard, un sourire de petite oie, auprès de ta figure étonnante, sacrée : giflée par le sort, marquée par le bourreau, et tendre [...] »


Mon avis : J'ai eu envie d'un peu de théâtre hier soir et j'ai lu La Machine infernale. Une très bonne surprise pour moi ! J'ai toujours un peu peur avec les tragédies sur la mythologie. Souvent, je suis complètement perdue parce que je ne connais pas suffisamment les événements ou personnages présentés et que la pièce ne prend pas le temps de les présenter, partant du principe que le lecteur connaît. Je comprends parfaitement ce choix, mais du coup, j'ai toujours une petite appréhension.

Là, dans La Machine infernale, Jean Cocteau met en scène la vie d’Oedipe, un homme tourmenté par la prédiction qu'on lui a faite « Tu tueras ton père et tu épouseras ta mère ». Il va tout mettre en œuvre pour que cela n'arrive pas, mais son destin va le rattraper...

Je ne connaissais que très peu le mythe d'Oedipe et j'ai été ravie de pouvoir le lire et surtout le comprendre ! Jean Cocteau a su mettre au goût du jour ce mythe, avec les descriptions nécessaires pour qu'un néophyte puisse tout saisir. Un vrai plaisir. Même le ton tragique m'a beaucoup plu. De plus, après avoir lu Antigone, je suis contente d'avoir pu remonter un peu son arbre généalogique.

Je pense que cette pièce conviendra parfaitement à ceux qui, comme moi, ont un peu peur des difficultés de compréhension de la mythologie grecque. C'est aussi une très bonne entrée en matière à qui veut approfondir ses connaissances par la suite, en lisant Oedipe roi de Sophocle.

Une pièce qui m'a surprise et qui m'a beaucoup plu